Obama s'en va-t-en guerre

La page semblait tournée. Le monde presque entier
pensait que l'élection de Barack Obama allait marquer
la fin de l'arrogance et de la brutalité, que la
parenthèse honteuse de l'ère Bush allait se refermer.
Qu'on allait enfin retrouver une Amérique ambitieuse
mais pacifique, ferme mais généreuse. Deux ans plus
tard, les geôles de Guantanamo sont encore pleines,
l'Irak est toujours occupé et la «lutte contre le terrorisme»,
qui continue de ravager l'Afghanistan, s'étend
peu à peu au Pakistan voisin. Les faucons israéliens
progressent chaque jour dans leur politique coloniale
avec le soutien américain. Bref, comme le montre
Tariq Ali, c'est la politique de Bush qui continue,
et les seuls changements sont dans le vocabulaire
utilisé : le cynisme s'est mué en hypocrisie.
À l'intérieur, la fameuse réforme du système de santé
n'a été adoptée que vidée de son contenu, et s'est
transformée en cadeau aux compagnies d'assurances.
Derrière son masque noir, Obama dévoile progressivement
sa vraie nature, celle d'un politicien habile
et opportuniste, qui prolonge la ligne impériale
américaine.