Editeurs et éditions pendant la guerre d'Algérie : 1954-1962

Editeurs et éditions pendant la guerre d'Algérie : 1954-1962

Editeurs et éditions pendant la guerre d'Algérie : 1954-1962
Éditeur: Bouchene
2012523 pagesISBN 9782356760067
Format: BrochéLangue : Français

Entre l'histoire des éditions de Minuit d'Anne Simonin et l'histoire de l'édition

française sous l'Occupation de Pascal Fouché, cette histoire globale de

l'édition pendant la guerre d'Algérie vient combler un vide laissé par une

communauté scientifique jusqu'alors soucieuse d'étudier l'action des seuls opposants

(médiatiquement visibles) à la torture. À partir d'un corpus de près de 1 000 livres

et brochures publiés pendant la guerre d'Algérie - guerre de l'écrit comme l'avait

été l'affaire Dreyfus - ce travail issu d'une thèse de doctorat rend compte du

traitement éditorial riche et complexe d'un des derniers traumatismes de l'histoire

nationale. En prenant en compte les diverses formes (brochure, monographie, tract)

et les différents acteurs (administrations, armée, militants, professionnels de

l'édition) producteurs d'imprimés, il offre une contribution actualisée à l'histoire de

l'édition politique, généraliste, universitaire ou scolaire.

Découpé selon un plan qui reflète le rythme de la production, le développement de

l'ouvrage rend compte des reconfigurations opérées, au cours de chaque période, au

sein du champ éditorial. Des mobilisations intellectuelles de l'automne 1955 et de

la publication de L'Algérie hors la loi des époux Jeanson aux dénonciations de la

torture du printemps 1957, dans lesquelles les comités de citoyens jouèrent un rôle

important, une première radicalisation s'observe. La relative réussite des

anticolonialistes à invalider le discours d'État sur les «opérations de maintien de

l'ordre» incite les éditeurs dominant le champ littéraire à traiter de l'histoire

immédiate. Sur fond d'émergence politique et culturelle du Tiers-monde, le rythme

de production s'accélère. Les positions se radicalisent à nouveau. La crise de régime

de mai-juin 1958 fournit une occasion de traiter de la guerre, sans nécessairement

faire preuve d'ouverture politique. Une édition nationaliste s'efforce de contrer les

anticolonialistes, tandis que l'édition littéraire réactive les idéaux-types de

l'orientalisme. Au début des années 1960, les Prétoriens de Jean Lartéguy peinent à

couvrir le vacarme des Damnés de la terre de Frantz Fanon.

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