Exil, errance et marginalité dans l'oeuvre de Georges Bernanos

L'exil a joué un rôle important dans la vie de Georges Bernanos, dans l'évolution de sa pensée, dans les jugements qu'il a portés sur la situation de son pays et du monde. Mais la distance n'a engendré chez lui ni une nostalgie sentimentale envers son pays natal, ni l'évasion dans un universalisme qui l'aurait rendu indifférent aux destinées de sa patrie. Si son oeuvre romanesque ne contient aucune trace de ses déplacements dans le monde, elle porte la marque d'un "exil intérieur" qui le met en communion avec les déracinés, les errants, les marginaux que sont souvent ses personnages. Le christianisme qu'il professe n'est pour lui ni un refuge, ni un insigne, ni une forteresse à défendre, mais un risque, qui ouvre la porte aux plus hautes aventures de l'esprit.