Spike Lee : American urban story

Trente ans avant les événements de Ferguson, Spike Lee créait la polémique
avec Do the Right Thing , brûlot sur les tensions raciales et la frustration
urbaine à Brooklyn. Jamais avant lui un réalisateur n'avait filmé le ghetto
du point de vue d'un camé au crack se vantant d'avoir «fumé la télé Sony
de sa mère» ou d'un sneakers addict accro aux baskets Jordan. En inventant
la street culture, creuset d'une nouvelle mythologie urbaine, l'auteur de
Jungle Fever, Clockers, He Got Game... est devenu le père fondateur du
«film hip-hop», en intégrant le rap à son espace narratif.
Celui qui dit «emmerder John Wayne» et a menacé, à Cannes, le cinéaste
Wim Wenders avec une batte de base-ball aura influencé, dans le monde
entier, la mode, le langage, les codes, l'esthétique, l'attitude, voire le
folklore, de plusieurs générations.
Spike Lee : American Urban Story est une ballade gonzo et «rap'n'roll»
au coeur du New York populaire, hype et foisonnant des cinquante
dernières années. Plus encore, à travers la vie et l'oeuvre de Spike Lee
( Malcolm X, Mo'Better Blues, La 25<sup>e</sup> Heure , etc.), c'est une certaine histoire
de l'Amérique qui est ici contée, d'une Amérique noire pas tout à fait
remise de l'épidémie de crack des 90's , des drames nationaux provoqués
par les attentats du 11 septembre 2001, des dévastations de l'ouragan
Katrina en août 2005, sans oublier les bavures policières de 2014.