Paramètre de la finitude : brièveté et poésie

Quelqu’un dit Bref pour résumer sa pensée, pour accuser ce qu’il n’arrive pas à dire ou, plus brutalement, pour couper court à la discussion. On a longtemps cru que «faire court» et «faire bref» étaient sensiblement synonymes. Il est pourtant patent que lorsqu’on dit Bref , on ajoute une partie à un discours déjà en branle. Ce qui s’appelle une hyperbate : je la prends ici comme modèle de la brièveté. Et pourquoi dit-on Bref ? Parce que la compréhension est un processus jamais achevé, parce qu’elle se construit à coups d’illuminations éphémères. C’est ce que je propose d’appeler « l’herméneutique de la brièveté ». Bref , face à la finitude, l’humain n’a d’autre choix que de parler poétiquement. La poésie est l’étalon de mesure de la brièveté humaine.