1939-1945 en centre Bretagne. Vol. 1. Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts

«Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts»
placarde-t-on sur les murs après la déclaration de
guerre, la seconde du siècle. Une guerre qu'on a déclarée
et qu'on veut faire au rabais. Est proche en effet le souvenir
de la Grande Guerre qui a fauché toute une génération
dans la force de l'âge. À peine repart-on du bon
pied et rêve-t-on d'une paix universelle que les événements
extérieurs rejaillissent sur le pays et le paralysent.
Pas drôles du tout, ces premiers mois du conflit,
non pas à cause des balles ennemies mais du froid.
S'ensuit le drame du printemps 1940 où le ciel nous
tombe littéralement sur la tête. Dès lors, dans nos petits
bourgs, il faut bien se mettre à l'heure allemande et
vivre de longues et noires années de contraintes, de
menaces, de brutalités, de crimes. Et assister, impuissants,
au pillage d'un centre Bretagne - déjà pauvre entre
les pauvres - par ces doryphores vert-de-gris.