Migrations, acculturation, syncrétismes

Migrations, Acculturation, Syncrétismes , cette publication est le
résultat de la Première Rencontre entre deux institutions de recherche et
d'enseignement supérieur situées des deux côtés de l'Atlantique :
l'Université de Bretagne Occidentale qui, par sa position géographique
autant que par sa vocation maritime, a l'habitude de s'ouvrir vers des
horizons lointains ; et l'Université Nationale Autonome du Mexique ,
rattachée pour son histoire tant au berceau qui l'a vue naître qu'aux apports
extérieurs qui l'ont configurée. Le principal objectif de ce colloque était
donc de provoquer une rencontre entre ces «deux mondes». Cependant, de
par la diversité des disciplines ainsi que des sujets qui ont été traités, ce
volume ne représente pas seulement une rencontre entre ces «deux
mondes», mais la rencontre de plusieurs espaces, de plusieurs temps et de
plusieurs dimensions. Une machine à voyager dans les temps, dans les
territoires, au travers des nations et des mers, distincts, mais qui, à un
moment donné de leur existence, sont voués à se retrouver.
En outre, il s'agissait de faire le point sur des concepts ou des idées
concernant des pratiques considérées comme « traditionnelles », mais qui
mêlées à d'autres pratiques ou à d'autres croyances deviennent à leur tour
« une tradition ». C'est cela que nous appelons un syncrétisme
imperceptible qui, à son tour, sera assumé comme propre par un groupe de
personnes, par une génération, par une religion ou, tout simplement, par un
pays par rapport à un autre.
De ce point de vue, il s'agissait également de chercher les
différences entre les concepts d'Interculturalité, d'Acculturation et de
Syncrétisme. Si dans d'autres travaux nous avions défini l'Interculturalité
comme un phénomène d'échange dynamique (à double sens), entre deux ou
plusieurs pratiques culturelles (politiques, religieuses ou sociales), le
«multiculturalisme» impliquerait une coexistence de pratiques culturelles
qui, tout en se respectant, restent perméables les unes par rapport aux
autres. De toute évidence, c'est cette dernière notion qui a prévalu dans la
conception des sociétés au XX<sup>e</sup> siècle et qui semble trouver aujourd'hui
certaines limites.