Paroles de poilus guyanais : propos, lettres et carnets de la Grande Guerre : 1914-1918

Appelés à connaître le service militaire très tardivement,
avec l'application de la loi du 7 août 1913, qui
organise pour la première fois la conscription des citoyens
français dans les «vieilles colonies» de la France, les
jeunes Guyanais ne connaissent pas, dans leur pays d'origine,
de tradition militaire «historique» avant la guerre
de 1914-1918.
La Grande Guerre est le premier conflit armé dans
lequel des soldats guyanais sont mobilisés. Ils se retrouvent
en Flandres, en Champagne, en Lorraine, aux
Dardanelles, en Macédoine, également en Afrique.
Le contingent guyanais, reflet de la faible population
de la colonie, fut peu nombreux, moins de deux mille soldats
tout au plus. Aucun ancien combattant guyanais n'a
publié de souvenirs de guerre après le conflit. Peu de poilus
guyanais ont tenu la plume, ou plutôt peu d'écrits de
soldats, rédigés pendant la guerre, nous sont connus ou
nous sont parvenus : des témoignages, quelques lettres, et
surtout un «Carnet d'impressions...», journal manuscrit
tenu par un soldat de Cayenne, marié, jeune père de trois
enfants en bas-âge, fauché par la mitraille dans l'Aisne en
1918.
Les Paroles de poilus guyanais , quoique peu nombreuses,
n'en sont que plus précieuses pour mieux appréhender,
même partiellement, ce que fut la réalité humaine
- psychologique et matérielle - du premier conflit mondial
pour ces jeunes hommes, dont la plupart foulaient pour la
première fois le sol de France, la «mère patrie», ou
allaient combattre dans des pays dont le nom-même leur
était jusque-là inconnu.