Rosalie : sous le cygne des chevrons

On pourrait croire que, du fait de leur histoire très courte, les
Rosalie sont des Citroën moins passionnantes que les autres, les
Traction en particulier.
C'est faux et archi-faux. Paradoxalement, je crois que les Rosalie
sont des modèles qui ont devant eux un brillant avenir - à défaut
de l'avoir eu à leur sortie. Elles sont attachantes, charmantes,
délicieusement rétro, fiables à s'en désespérer, économiques (sauf
les 6-cylindres qui sont de vrais filles d'alcooliques !) et surtout ce
sont des Citroën avec tout le charisme que ce nom porte en lui.
Que celui qui ne craque pas devant tant de qualités referme ce
livre et s'offre le dernier Duras.
A son époque, la Rosalie soulèvera bien des enthousiasmes et
fera de farouches adeptes. Alors voiture parfaite ? direz-vous
candidement en ajoutant : elle doit tout de même bien avoir des
défauts, cette voiture ? Certes oui ! elle en a quelques uns... mais
qu'importe, on l'aime comme elle est avec ses points noirs.
La carrière solo de la Rosalie commence au Salon 1932 pour se
terminer en gros deux ans plus tard, juste avant le Salon 1934.
Remise en fabrication à la hâte fin janvier 1935, elle est traitée
comme une chienne galeuse dans une gamme faite avant tout pour
les Traction. Pendant les trois années suivantes, elle vivote comme
elle peut jusqu'en milieu 1938 afin de satisfaire une clientèle têtue
et conservatrice. Heureusement déclinée en diverses versions
utilitaires, c'est cette qualité qui lui permettra surtout de survivre
de 1935 à 1938 car la Traction n'aura jamais ses capacités de
chargement ni de praticabilité. Elle sera aussi la première automobile
Citroën diesel, mais certes pas la meilleure.