Nantes sous la monarchie de Juillet : 1830-1848 : du mouvement mutualiste aux doctrines utopistes

En 1830, Nantes, quatrième port de France, est la capitale économique de la Bretagne. Grande ville de 80 000 habitants, elle est à la fois loin de Paris et coupée de son arrière-pays. La campagne demeure sous la domination de la noblesse et du clergé. La monarchie censitaire est une France de notables ; en 1832, Nantes compte 936 électeurs. Michel Aussel relate les principaux événements politiques, économiques et sociaux du règne de Louis-Philippe, des Trois Glorieuses aux journées révolutionnaires de 1848. Autant l'avènement d'un «roi bourgeois» va décevoir la population ouvrière nantaise, autant l'instauration de la II<sup>e</sup> République et l'établissement du suffrage universel vont laisser un goût amer aux Nantais. L'auteur a particulièrement analysé les mutations sociologiques intervenues entre ces deux grands moments historiques, dont le déclin du compagnonnage et l'apparition d'idées nouvelles : celles du mouvement mutualiste et du «socialisme utopique» (fouriérisme, saint-simonisme, communisme). Parmi les grandes figures nantaises de l'époque, émergent le docteur Guépin, saint-simonien puis préfet, et Michel Rocher, ouvrier poêlier, promu commissaire général des cinq département bretons Michel Aussel s'est également attardé sur l'évolution de la santé publique (construction de l'hôpital Saint-Jacques) et les bouleversements dans l'Eglise : la tentative de schisme de l'Eglise catholique française, et le rôle prépondérant de l'abbé Fournier, curé de Saint Nicolas, qui deviendra évêque. A la fin de cet ouvrage très documenté et bien illustré, l'auteur brosse un large panorama de la vie nantaise, à travers divers domaines : commerce et industrie, urbanisme et architecture, transports et communications, enseignement et hygiène, culture et loisirs...