La sous-traitance interne

Maintenance, nettoyage, gardiennage, logistique, autant d'activités que les entreprises
choisissent de plus en plus souvent de confier à d'autres entreprises spécialisées plutôt que de
continuer à les faire effectuer par leur propre personnel. Ce recentrage sur le coeur du métier s'est
accompagné de la mise en place d'une politique qualité forte, supposée garantir la bonne exécution
et la traçabilité des prestations fournies, à travers notamment les systèmes de management de la
sécurité.
Cette sous-traitance interne s'est-elle traduite par un transfert (voire un accroissement) des
risques professionnels des premières (les entreprises utilisatrices) vers les secondes (les entreprises
extérieures) ? Ou au contraire a-t-elle permis une professionnalisation des activités permettant aux
travailleurs d'effectuer leur travail dans de meilleures conditions ? Les évolutions de la législation
suite à la catastrophe d'AZF visant à améliorer la coordination de la sécurité entre les entreprises
utilisatrices et les entreprises extérieures constituent-elles un progrès ou restent-elles purement
théoriques ?
Cet ouvrage n'a pas la prétention d'apporter des réponses simples à ces questions complexes.
À partir de la réflexion de spécialistes des questions de santé au travail, mais surtout à partir des
témoignages de nombreux acteurs du secteur (chefs d'entreprise et responsables CHSCT, donneurs
d'ordres et sous-traitants, gestionnaires de systèmes de management de la sécurité, préventeurs), un
tableau des conditions d'exercice de la sous-traitance est tracé. Au fil des pages, le constat s'impose
de lui-même : le débat amorcé ici ne concerne pas le seul monde de l'entreprise, il pourrait bien
intéresser toute notre société.
Cet ouvrage a été coordonné par Michel Héry, chargé de mission à la Direction scientifique de
l'INRS. Les contributions émanent d'institutionnels de la prévention (services Prévention des risques
professionnels des Caisses régionales d'assurance maladie, inspection du travail, médecine du
travail), de chercheurs et de partenaires de l'entreprise : chefs d'entreprises utilisatrices et extérieures,
secrétaires de CHSCT, gestionnaires de systèmes de management de la sécurité, experts syndicaux.