Une spiritualité à partir du plus faible : le questionnement du Père Joseph Wresinski : actes du colloque tenu aux Fontaines (Chantilly) 10 et 11 décembre 1993

Aujourd'hui, les hommes et les sociétés sont
en quête et s'interrogent. Les bouleversements
politiques, accompagnés d'incertitudes sociales
et culturelles, requièrent de tous de payer le
prix pour mettre en oeuvre les valeurs conformes
aux grands idéaux de l'humanité.
Dans cette conjoncture, nous pouvons, chacun
pour notre part, découvrir, approfondir et nous
laisser questionner par la spiritualité du Père
Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement
international ATD Quart Monde.
Venant lui-même de ce monde de la misère et
sachant ce qu'il en est de la honte et de l'humiliation,
il a ouvert le chemin d'une spiritualité
nourrie du regard et de la vie du plus pauvre.
Cette spiritualité est perçue par le Père Joseph
comme «une sorte de sens de l'autre, une communion
à l'autre qui le rend d'autant plus important,
d'autant plus grand qu'il est plus petit
et plus faible». Il s'agit d'une conversion du
regard, d'un retournement des priorités : «Né
dans la misère, j'ai appris à voir le monde et
mon Eglise par le bas», disait-il un jour.
Le Père Joseph est une question posée au
monde d'aujourd'hui et de demain : «Que faistu
de ton frère ? Qu'es-tu prêt à faire qui tienne
pleinement compte de celui qui est toujours rejeté,
qui le mette au coeur même de ta recherche
et de ta volonté d'agir et de penser ?»
«Savoir ce que pensent les plus pauvres est
l'expertise essentielle, car c'est aussi l'expertise
de ce qu'attend de nous Jésus-Christ. (...)
Le plus pauvre est la mesure de notre engagement
à Dieu et à son projet sur le monde» ( Les
pauvres sont l'Eglise , p. 217).
En quoi cette vision du monde à partir du plus
faible, par le bas, transforme nos vies, telle est
la recherche commune entreprise par ce Colloque
?
Jean-Claude Caillaux