Côte d'Ivoire, le coup d'Etat

Opposant historique au parti unique imposé pendant 30 ans en Côte
d'Ivoire, Laurent Gbagbo remporte les élections présidentielles pour la première
fois en 2000 et livre ici quelques confidences.
Détesté par la droite française et toléré par la gauche, il n'a pas le profil
habituel des présidents africains appréciés à Paris. Gbagbo n'est ni un corrompu
ni un criminel ; pis, il aime son pays. Il n'a jamais voulu prendre le
pouvoir par les armes et ne supporte pas que l'ancienne puissance coloniale
lui dicte sa conduite. Très vite, il devient la cible de l'Elysée.
Ses ennuis commencent quand, à peine arrivé au pouvoir, son adversaire
politique, Alassane Ouattara, proche du président Sarkozy et des milieux
financiers américains, lui impose «une rébellion» armée et le contraint
à gouverner avec elle. En 2004, l'Elysée décide de prendre d'assaut sa résidence.
Malgré cette agression, le président Laurent Gbagbo offre son aide
pour libérer les otages français, Georges Malbrunot et Christian Chesnot,
détenus en Irak. À Paris, c'est la consternation. On l'accuse alors d'avoir
donné l'ordre de tuer 9 soldats français à Bouaké et d'avoir fait disparaître le
journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. Gbagbo exige la vérité mais
Paris étouffe les deux affaires. Pourquoi ?
En 2011, Nicolas Sarkozy veut en finir avec Laurent Gbagbo et envoie
des chars et des hélicoptères de combat pilonner sa résidence. Pendant dix
jours, le président ivoirien, sa famille et ses collaborateurs subissent des
bombardements d'une violence inouïe. Quel crime justifie un tel traitement ?
L'enquête de Charles Onana dévoile : les confidences d'un général
français qui a servi en Côte d'Ivoire, les rapports inédits de l'ambassadeur
français en poste à Abidjan sur Alassane Ouattara et les lettres secrètes des
présidents Sarkozy et Compaoré sur la chute de Laurent Gbagbo.