Correspondance : 1882-1938

Freud eut-il une aventure amoureuse avec sa belle-soeur ? La
bataille fait rage entre historiens. Et cette correspondance
exceptionnelle, qui s'étendit sur plus d'un demi-siècle, en
recèle bien sûr le secret.
Minna, plus intellectuelle que sa soeur Martha, la future épouse de
Sigmund, plus curieuse aussi des affaires du monde, se prend très vite
d'affection pour celui qui devait devenir son beau-frère. Et celui-ci, en
retour, se livre à elle avec une spontanéité peu commune chez lui, qu'il
soit question de sa vie personnelle et professionnelle, de ses aspirations
d'homme ou de savant.
Mais au fil des lettres, on découvre aussi un épistolier plus inattendu,
«capable de susciter le désir» de cette «soeur chérie», pour reprendre
les mots d'Élisabeth Roudinesco dans sa préface, puis de lui résister...
avant de la relancer ensuite. Et de fait, ils ne cessèrent de se provoquer
mutuellement, elle sur le mode mutin, lui le plus souvent coupable.
Jusqu'où allèrent-ils ?
La réponse gît là, au coeur de cette amitié amoureuse, à l'occasion
peut-être d'un certain voyage entrepris en 1898, quelque part entre le
sud de l'Autriche et le nord de l'Italie. Mais au-delà de l'anecdote, le
charme et l'éloquence attachés au «monde d'hier» prennent, tout au
long de cette correspondance, une signification historique et documentaire
tellement singulière que l'homme Freud s'y laisse observer sous
un jour inédit.