Les habits neufs de l'antisémitisme en Europe

L'année 2000 a marqué un tournant dans l'histoire des communautés
juives qui s'étaient reconstruites en Europe au sortir de la deuxième
guerre mondiale qui avait vu leur extermination.
Une poussée antisémite d'un genre inédit a ébranlé les convictions
sur lesquelles cette renaissance remarquable s'était fondée.
Le rapport avec l'actualité du Proche-Orient a bien sûr joué un rôle
de catalyseur mais il aurait été insuffisant à lui seul pour déclencher
un phénomène d'une telle ampleur.
Celui-ci traduit en effet plus profondément un problème spécifique
à l'Europe, autant culturel que politique. Il témoigne avec fracas de
l'arrivée sur la scène politique des populations de l'immigration
arabo-musulmane, mais aussi de ce que le glacis conventionnel
de l'après-guerre cachait.
Sans la complaisance des médias, de l'opinion publique,
et la plupart du temps, des pouvoirs publics, dans tous les pays
concernés, jamais l'antisémitisme virulent qui a emporté le monde
arabo-musulman contemporain n'aurait pu s'exprimer aussi
ouvertement et avec tant d'impunité.
C'est ce relais européen d'une vindicte qui tire ses origines du refus
arabe d'Israël qui est le plus inquiétant pour l'avenir du judaïsme
sur ce continent.
Il a donné l'occasion de se réveiller aux plus anciens stéréotypes
antisémites de l'histoire et justifie la définition de ce nouvel
antisémitisme comme «européen».
Les études rassemblées dans cet ouvrage analysent la situation
dans quinze pays européens.