Le deuxième humanisme : introduction à la pensée de Luc Ferry

Les clés de la philo
Et si, en dépit de la mort de Dieu et du règne apparemment sans partage de l'hyperconsommation, nous vivions l'époque d'un réenchantement du monde ? L'oeuvre de Luc Ferry revêt aujourd'hui la forme d'une philosophie de l'histoire qui annonce la naissance d'un nouvel âge de l'humanisme s'épanouissant sur les décombres des anciennes idoles, après ce siècle de déconstruction radicale que fut le XX<sup>e</sup> siècle.
La pensée de Luc Ferry se place dès les années 70 sous l'étendard de l'humanisme « post-métaphysique » quand il entreprend une lecture austère des grands textes de l'idéalisme allemand en compagnie de ses amis du Collège de philosophie. Une trentaine d'années plus tard, il rassemble un large public en racontant, de manière à la fois limpide et profonde, l'histoire de la philosophie comprise comme la succession des réponses à la question : « Qu'est-ce qu'une vie bonne pour un mortel ? »
Le parcours est loin d'être achevé, mais le programme est clairement posé. L'humanisme des Lumières nous a légué les droits de l'homme et la morale républicaine : il n'a toutefois pas su accoucher d'une spiritualité laïque qui soit l'équivalent moderne de la doctrine chrétienne du salut ou de la sagesse des mythes et de la philosophie grecs. L'ambition de Luc Ferry est de pallier ce manque, de penser une doctrine du salut sans Dieu, une sagesse moderne qui soit ancrée dans ce sacré à visage humain, cet humanisme de l'amour dont il pointe l'émergence.
Un entretien avec Luc Ferry complète cette introduction.