Mal de mère

Agathe s'est murée dans un lieu inaccessible à la parole. Enfant non désirée d'une mère psychotique, choquée par la mort de sa soeur adorée, blessée par la dérive du couple parental, elle expulse pêle-mêle sa souffrance, son mal être et sa haine à travers les blessures qu'elle s'inflige. « Dans l'espoir fou d'atteindre la nudité parfaite, n'être plus à la fin qu'une tache de silence... »
À nous d'entendre sa voix intérieure, qui raconte son enfance massacrée. À nous de décider qui est la victime et quel est le coupable dans ce procès perdu d'avance. Celui des victimes de la vie. Les écorchés. Ceux qui, à force d'évoluer sur le fil tendu entre marge et normalité finissent par sombrer « là où les mots n'ont pas de regard », où l'écriture est une forme de suicide.
Un personnage à vif, une intrigue épurée, une rare justesse de ton, Mal de mère manifeste la sensibilité que le lecteur a déjà pu apprécier dans les recueils de nouvelles: Leçons de ténèbres et Enfanticides.