Russie, visages d'un empire

Russie, visages d'un empire

Russie, visages d'un empire
Éditeur: Ed. des Syrtes
2003222 pagesISBN 9782845450783
Langue : Français

En 1960, alors qu'il effectue son service militaire

en Algérie, Marc Garanger photographie les femmes

algériennes qui crient leur douleur, leur haine et

l'absurdité du conflit. Ces photographies lui valent le

Prix Niepce, le «Goncourt» des photographes. Il choisit

alors de franchir le rideau de fer. D'abord la

Tchécoslovaquie puis, dès 1967, l'URSS où il ne cesse de

retourner. Année après année il parcourt, toujours plus

à l'Est, presque toutes les républiques, puis la Russie,

jusqu'en Yakoutie en Sibérie orientale, à la rencontre des

hommes et de leurs cultures. De ces voyages initiatiques,

il publie Regards vers l'Est (1992), Carnets sibériens (1993)

et Taïga, terres de chamans (1997). Parallèlement, il sillonne

le monde, inlassablement, et ses photos paraissent dans

la presse internationale.

Couronné par de nombreux prix, dont le Prix de

la Société de Géographie (1997), Marc Garanger est

également auteur-réalisateur de films documentaires et

participe régulièrement à des expositions, tant en

Europe qu'aux États-Unis.

Quand, en 1967, Marc Garanger choisit de franchir le rideau de fer

et de pénétrer en URSS, le monde vit les grandes heures de la guerre

froide. Pour l'Occident, l'Empire russe semble un bloc monolithique.

Fermé. Inconnu. Terrifiant. Pour Garanger, c'est une partie de la terre

qui s'entrouvre. Et par-delà les multiples frontières, l'immensité des

paysages, c'est l'histoire de quelques centaines de millions d'hommes,

leurs passions, leurs mystères, qu'il va tenter de partager. Dans les pires

difficultés politiques, financières et climatiques, il déjoue pas à pas,

année après année, têtu et généreux comme un paysan, tous les pièges

qui lui sont tendus.

Rejetant violemment l'exotisme, Marc Garanger marche sans trêve

sur le fil ténu du quotidien : témoigner, laisser parler les visages. Ici

comme ailleurs les mêmes passions, les mêmes rires, le laminage du

labeur. Partageant le pain des ouvriers des sovkhozes, la tête d'agneau

bouillie des nomades kirghizes, ou le foie de cheval cru et congelé des

chamans yakoutes, il entend une petite phrase, la même, à chaque pas,

question sublime issue d'une terre de la démesure et d'hommes au

destin si tragique : «Mon âme souffre, la nostalgie me ronge et me

dévore, et vous ?» Et nous la renvoie dans ce livre.

«Ce diable d'homme, comme le nomme si bien Jean Dieuzaide, ne

s'arrête pas pour autant. Ce bonhomme à la carrure de Viking et à l'allure

de grand gosse, au rire qui fuse à tout bout de champ [...], dissimule

mal une certaine naïveté. Son aventure restera vraisemblablement un

des grands moments de l'histoire de la photographie.»

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