L'incarcéré

Face à une Afrique à construire, où le
rôle sensibilisateur et promoteur de
l'écrivain est capital, Sénam ne
transige pas avec sa prise de position
socio-politique. Et c'est en vain que
son compatriote et ami, Adri, tente,
tout au long de leur séjour estudiantin
à Paris et de leur vie professionnelle à
leur retour au bercail, de l'influencer
afin, d'une part, d'atténuer son
jugement et ses critiques à l'égard des
autorités militaires qui gouvernent leur
Sachelle natal, et d'orienter, d'autre
part, son engagement littéraire dans la
voie qui lui épargne la répression des
pouvoirs publics.
Donc, Sénam connaîtra le cachot, la
répression... mais il ne démordra pas
pour autant de l'idée qu'il se faisait de
la place de l'écrivain, du poète, de
l'intellectuel, dans sa société et dans le
monde. Et il préférera, à l'issue de sa
détention, l'exil, avec sa «sécurité» et
ses conséquences, aux avantages de
toutes sortes qu'un ralliement au
régime en place qu'il combat se
propose de lui offrir.
L'Incarcéré est le second roman -
après La Victime - d'un philosophe et
poète engagé. L'histoire d'amour qui
constitue le canevas du récit, si
importante soit-elle, ne semble
destinée qu'à édulcorer l'amertume du
phénomène d'incarcération.