L'expression de l'inoubliable dans les mémoires d'Ancien Régime

À l'écart de la littérature savante ou officielle, rarement publiés du
vivant de leurs auteurs, les mémoires d'Ancien Régime en France
représentent à partir du XVI<sup>e</sup> siècle un immense gisement de textes
dont les chefs-d'oeuvre de Retz et de Saint-Simon (en attendant
Chateaubriand) sont les accomplissements les plus fameux.
Confidentielle dans ses conditions de rédaction, et donc libre face au
pouvoir royal, entrant en concurrence avec l'histoire officielle, cette
écriture revêt pour nous une richesse inégalable : celle de restituer un
rapport direct à l'existence et au passé sous la plume de grands personnages,
hommes et femmes, qui s'essaient en amateurs à l'écriture
et nous restituent la saveur du temps vécu.
Une série d'études est ici regroupée, portant sur des textes allant de
la Renaissance à l'aube du XIX<sup>e</sup> siècle, et abordant l'expérience universelle
de l'inoubliable : comment ces hommes et ces femmes mémorialistes
ont-ils dans leurs récits mis particulièrement en valeur certains
souvenirs clés de leur existence, et comment témoignent-ils de
la foudroyante irrégularité de leur mémoire personnelle, préparant les
voies de l'autobiographie moderne ?
À côté de mémorialistes à découvrir ou redécouvrir (Monluc,
L'Estoile, Nicolas Goulas, M<sup>lle</sup> de Montpensier, M<sup>me</sup> de La Guette,
Huet, Justine Guillery, etc.), ce recueil aborde aussi les textes des plus
grands mémorialistes (Retz, Saint-Simon, Chateaubriand).