Connaissance des Pères de l'Eglise, n° 91. L'apport des Pères à la catéchèse d'aujourd'hui : actes du colloque des 4 et 5 juillet 2003 à Paris

Le terme de catéchèse produit en moi une grande frayeur, et à
très juste titre. En effet, je considère en moi-même, non pas tant
ce qu'il faut dire, que ce qu'il faut taire ; et je ne me fierai pas à tes
oreilles nouvelles, qui ne sont pas exercées à l'audition des dogmes
divins et qui «ont encore besoin de lait et non d'une nourriture
solide», ainsi que le dit le sage Paul. C'est pourquoi, en effet, cette
sorte même d'enseignement est dite catéchèse, ou résonance ; car
elle habitue les oreilles mêmes des auditeurs par une sonnerie, c'est-à-dire
par le son de la trompe qui introduit les paroles, de peur que,
en s'approchant de la théologie sans avoir été exercées, et étant
encore plus ébranlées par cette voix qui s'exprime ainsi, sans pouvoir
encore en supporter l'intensité, elles ne soient troublées et
bouleversées [...].
Il nous faut donc d'abord sonner de la trompe, ensuite forcer la puissance
du souffle et ainsi interroger Dieu, lui parler et entendre ce qui vient
de lui, transmettre et faire passer les paroles à autrui. Mais parce que
je ne suffis plus à sonner de la trompe, à plus forte raison à parler de
Dieu, à être le ministre de ses paroles, je me sers de la trompe
pastorale des Pères et des docteurs de l'Église, à la façon du fils d'un
berger expérimenté, qui est très loin au-dessus de l'habileté de son
père et qui a hérité des instruments du métier : ceux-là vivaient pour
Dieu quand ils sont partis d'ici-bas et maintenant se tiennent autour
de nous et nous regardent. Et c'est à partir de ces doctrines
auxquelles ils ont travaillé que je sonnerai de la trompe et que je
dirai ce qui leur a été dit par Dieu.