Monnaie africaine : la question de la zone franc en Afrique centrale

1er janvier 2002 : l'euro entre en vigueur. La France est devenue, en
principe, juridiquement incapable de soutenir la zone franc, avec sa monnaie à
tiers garant : le Franc C.F.A.
Les accords de coopération signés entre la France et les pays africains sont-ils
encore valables maintenant que la France est membre de l'Union européenne
et que le franc français n'existe plus ?
N'est-on pas en présence d'une substitution de fait anticonventionnelle de
l'Union européenne à la France ? Dans cette relation, les Etats africains ne se
retrouveraient-ils pas pris au piège ? Ne sont-ils pas déjà dans une position de
contrainte assimilable à la théorie des traités inégaux ?
Or, par la convention de coopération monétaire signée le 22 novembre 1972,
à Brazzaville, au Congo, entre les Etats membres de la Banque des Etats de
l'Afrique Centrale (B.E.A.C.) et la République française, les Etats se sont
engagés à respecter intuitu personae les obligations convenues. Il faudrait
nécessairement renégocier ces accords pour prendre en compte ces changements
géopolitiques.
La situation est donc capitale pour les pays africains. Pour l'Union
européenne, l'opportunité de choisir la politique de la prospérité durable est si
belle qu'elle démontrerait ainsi qu'elle n'est pas un conglomérat d'Etats
coloniaux. Ce livre est un audit mené dans ce but avec les outils du Droit
International Monétaire. Il s'inscrit au coeur même de la question de fond : le
temps de la monnaie africaine n'est-il pas arrivé ?