Dans le silence des mots

Professeur de rhétorique et de poétique à l'université de la
Sorbonne, auteur d'ouvrages consacrés au langage, Joëlle
Gardes est aussi écrivain. Elle a publié plusieurs romans et
également écrit pour le théâtre. Si elle a consacré de nombreux
travaux à la poésie, notamment à Saint-John Perse,
dont elle a rédigé une biographie et dont elle a dirigé
pendant dix ans la Fondation, elle se livre ici, pour la
première fois, à l'écriture poétique, mue par la nécessité
d'une écriture brève et dense, aux confins du silence, capable
de pénétrer au plus profond de l'Être.
C'est dans une écriture lumineuse et lucide, portée par la
lumière tragique du Sud, que ce texte affronte la noirceur
des choses et de la mort à travers trois fragments, («Dans
le silence des mots», «Paysages intimes», «Le soleil ni la
mort») et invite à une méditation sur la poésie, où s'exprime
avec acuité le désespoir devant les mots, incapables
de capter la splendeur de l'univers et la grâce de l'instant,
mais aussi la jubilation quand, face au temps dévorateur,
à l'absence et à l'oubli, ils redessinent les contours du moi
et creusent les sillons de la mémoire.