La plupart ne reviendront pas : vingt-huit jours dans une poche du front russe (hiver 1942-1943)

1941 : les forces de l'Axe lancent des centaines de divisions
dans la gigantesque campagne de Russie. Mobilisé par l'armée
italienne en 1942, Eugenio Corti prend part, comme jeune
officier d'artillerie, à l'épopée du Front de l'Est. Brisée aux
portes de Stalingrad, l'avancée foudroyante des envahisseurs va
se transformer en une épouvantable débâcle. Encerclées dans
une poche aux côtés de la 298<sup>e</sup> division allemande, plusieurs
divisions italiennes, désemparées, vont être anéanties par un
ennemi féroce et un froid polaire. Seule une poignée des
quelque 30 000 compagnons du jeune écrivain retrouveront
leur patrie, l'Italie.
La plupart ne reviendront pas , paru en 1947, bouleversa les
Italiens. De ce fourvoiement honteux que l'on s'efforçait
d'oublier - l'alliance avec l'Allemagne -, la campagne de
Russie était l'épisode le plus douloureux. Une génération
entière avait été engloutie dans cette guerre qui n'était pas la
sienne, absorbée à jamais par l'immensité russe et les camps.
L'un des rares survivants de cet enfer en avait rapporté un
récit minutieux, insoutenable de précision, et pourtant porté
par une inextinguible espérance.