Penser rêver, n° 17. A quoi servent les enfants ?

À quoi servent les enfants ? ou à qui ?
«Un bébé sain et bien nourri constitue à l'âge d'un an un plat délicieux, riche en
calories et hygiénique» ironise Swift ; «Le corps de l'enfant revient au pédiatre.
Son âme aux hommes de la religion. Sa psyché appartient au psychanalyste.
L'esprit est pour le philosophe. Le psychiatre veut les troubles mentaux [...]»
répond Winnicott.
Swift et Winnicott sont d'accord : l'enfant est au coeur d'un fantasme d' objet
à dépecer. Avec les usages sexuels, économiques, médiatiques que l'on fait de
lui, avec sa fonction de sauveur, avec sa toute-puissance ( His Majesty the Baby )
et son impuissance radicale, avec le narcissisme qu'il confère au cercle de
famille ou qu'il blesse, l'enfant est (d'un emploi) incertain et peu raisonnable.
Comme la sexualité dont il est l'avatar ?