Dans le morde

"On me dit : l'horreur ajoutée" - c'est la
voix de Dominique Dou - "On me dit tu
le vois toi - dis-le -", et cette voix est en
mesure de dire ce qu'elle ne dit pas, qui est
le pire, et qui s'approche d'elle par tout
côté : "des ruines de Malte / des collines de
Bali ou du Piémont -".
Car c'est elle, cette voix-là, qui devance
toute pensée, et c'est en cela, le poème, qui
pourtant ne prend pas ce nom-là, mais plutôt
celui, inconnu jusqu'ici, du Morde -
mais qu'est-ce donc ?
Seule Dominique Dou connaît cela, le
Morde ? Nous apprenons à le connaître,
nous partons à sa recherche et le découvrons
à la marge, "buée de leur haleine".
Ainsi se noue un poème dont le vrai nom
est surprise, et qui nous prend par la taille
ou par le cou, par les prises d'un langage
surprenant, d'une discrétion avide, "le vrai
miroir qui change". Et qui va où ? - "mes
humaines chairs vives".
Ce livre intense est auusi l'annonce d'un
autre poème éclatant, "Bagdad sous l'ordure".
Jean-Pierre Faye