L'inexistence sociale : essais sur le déni de l'autre

«Tous les êtres humains naissent libres et égaux
en dignité et en droits. Ils sont doués de raison
et de conscience et doivent agir les uns envers
les autres dans un esprit de fraternité.» Et, «nul ne sera tenu en
esclavage ni en servitude». Ainsi en ont décidé les Nations
Unies en adoptant le 10 décembre 1948 la Déclaration universelle
des droits de l'homme.
Et pourtant. Des millions d'esclaves dans le monde (et notamment
au coeur même de la société occidentale), des millions de
femmes, hommes et enfants, victimes du trafic humain, des
millions d'enfants hors des droits (enfants travailleurs, enfants
soldats, enfants sans nationalité, enfants victimes de la prostitution,
etc.), et environ trois milliards de personnes vivant avec
moins de deux dollars par jour et en dessous de toutes les
normes occidentales de vie digne ; autrement dit, des millions de
femmes, hommes et enfants dans le monde, condamnés à l'inexistence
sociale, ruinant l'obligation contenue dans les Droits
de l'homme, de leur éviter misère, violence et in-dignité.
Première ébauche de ce que pourrait être une sociologie des
situations extrêmes , cet ouvrage vise à comprendre les mécanismes
de l'inexistence sociale en s'appuyant sur des efforts de
théorisation mais aussi sur une analyse de différentes expériences
sociales (comme la clandestinité, l'itinérance, le travail
des enfants ou encore le trafic des êtres humains...). À chaque
fois, a été privilégiée une confrontation critique au concept
d'inexistence sociale, révélateur de l'extrême fragilité de la
condition humaine.