Une mécanique donnée à voir : les thèses illustrées défendues à Louvain en juillet 1624 par Grégoire de Saint-Vincent

Une mécanique donnée à voir : les thèses illustrées défendues à Louvain en juillet 1624 par Grégoire de Saint-Vincent

Une mécanique donnée à voir : les thèses illustrées défendues à Louvain en juillet 1624 par Grégoire de Saint-Vincent
Éditeur: Brepols
2009ISBN 9782503525174
Format: Relié

En 1624, quelques mois après l'accession

d'Urbain VIII au trône de Saint Pierre,

plusieurs espéraient un infléchissement de la

condamnation venue interdire en 1616

l'enseignement du mouvement de la Terre

autour du Soleil alors défendue publiquement

par Galilée. Etait de ceux-là l'inspirateur des

thèses, le jésuite Grégoire de Saint-Vincent, né

à Bruges une quarantaine d'années auparavant :

il avait activement participé à la séance du

Collège Romain lorsque Galilée en 1611

commentait ses observations au télescope de planètes comme Saturne ou Vénus, ce

qui faisait «murmurer les philosophes». Ainsi le raconte Grégoire lui-même. Les

thèses de 1624 montrent une extraordinaire représentation de Saturne. Voilà un exemple

parmi bien d'autres des surprises de ces thèses.

Onze chapitres, suivis d'une bibliographie, organisent l'enquête sur les thèses, celles-ci

étant traduites au chapitre IX. Le document est d'abord présenté avec les problèmes

qu'il pose à l'historien. Puis le moment même des thèses, l'imaginaire des hommes

de cette période, et les positions épistémologiques d'alors sont discutés, tant avec le

texte qu'avec les images. Cette conjonction d'analyses est essentielle à l'enquête qui

se poursuit sur les acteurs des thèses, avec trois récits possibles, le récit historique de

la journée des thèses, le récit scientifique du contenu mais aussi le récit iconologique.

A ce point, on peut entrer d'une part dans la tradition des thèses universitaires, d'autre

part dans la tradition du livre illustré. Ce qui, à partir des travaux des historiens de la

mécanique, permet d'aboutir à une discussion sur la place de ces thèses dans une

histoire qui a tant servi à constituer les diverses philosophies des sciences, dont le

positivisme, le constructivisme, etc. Après la traduction proposée, il convient de revenir

à titre de justification sur le détail de chaque théorème et de chaque vignette, et de

terminer par le vocabulaire latin des thèses. Cette démarche est tout le contraire de la

démarche dogmatique si naturelle à l'histoire des sciences, discipline dont il faut se

rappeler qu'elle doit beaucoup au positivisme.

Si l'enquête sur les textes et les images s'avère beaucoup plus longue que les courtes

thèses, le plaisir n'est-il pas au final de retrouver la cohérence d'un des mondes du

baroque à l'aube de la science moderne ? L'intérêt est en particulier de surprendre la

façon dont un intellectuel issu d'un ordre religieux connu pour son obéissance

disciplinaire, parvient malgré la rigoureuse orthodoxie récemment mise en place, à

raisonnablement donner sa place à une nouvelle imagination, sans entrer en dissidence

mais sans céder, cherchant sans aucun doute à libérer la pensée religieuse de la pensée

scientifique, et s'aidant alors de la pensée toute profane d'un peintre d'emblèmes.

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