Le mal rôde

En même temps que les Constant, les Peyrit ont reçu
une lettre. «Deux millions... Trois jours... Sinon ta grange
brûlera.» À présent, volets fermés, Georgette et Louis Peyrit
réfléchissent. Pourquoi eux ? D'habitude, Louis répond aux
attaques. Il n'est pas un lâche. Mais cette fois, de toute évidence,
le maître-chanteur sait que Peyrit a vendu des terres, et qu'il a de
l'argent.
Bientôt, tous les habitants du hameau des Escros se trouvent
soumis au chantage du même «corbeau». Lequel d'entre eux
est l'auteur des missives anonymes ? Dans les foyers où se
faufile Paillot, le simple d'esprit, fermentent les soupçons et
les rancunes. Chacun, sous la menace du mal qui rôde, laisse
deviner par bribes culpabilités, erreurs, désirs inassouvis...
Dans une langue sensible, Jean-Claude Sordelli observe une
communauté rurale des années 60, ses rites et ses silences, à la
façon d'un entomologiste. Il se laisse entraîner par la poésie
du mal, de la mort et de l'incompréhension entre les êtres,
dépassant l'histoire d'un lieu, son âpre vérité, pour remonter
aux sources de la solitude.