L'arrache-soeur

Dans un soliloque étrange, la narratrice s'adresse à un public imaginaire - ou futur jury ? Mariée à un riche industriel qui l'étouffe, soeur d'une romancière qui rejette ses valeurs, elle élève ses deux petites-filles, seules lumières dans une existence éteinte, jusqu'à ce dimanche où, tandis qu'on fête ses soixante ans, sa fille lui annonce qu'elle va les lui reprendre.
Que s'est-il passé ensuite ? Que sont cet « accident », cet automobiliste qui l'a prise en charge alors qu'elle marchait sous une pluie battante, ce chevreuil en train de se noyer dans sa piscine, ces corneilles malveillantes ?
Délire-t-elle ou a-t-elle tué ses deux petites-filles pour effacer le désastre de sa vie et les préserver de la souffrance ? Aurait-elle aussi tué sa soeur ? Un triple meurtre dont elle se défend et s'accuse tour à tour, tout en revendiquant son acte d'insoumission, telle la Médée mythique.
L'ambiguïté demeure tout au long de ce monologue angoissant, d'une humanité poignante.