Elisabeth Vigée Le Brun, 1755-1842 : mémoires d'une portraitiste

... depuis six mois, je note à mesure ce dont je me rappelle dans tous les
temps, dans tous les lieux.
Vous n'y verrez ni style, ni phrase, ni période ; je trace seulement les faits avec
simplicité et vérité, comme on écrit une lettre à une amie.
C'est avec simplicité, en effet, que M<sup>me</sup> Vigée Le Brun raconte une vie qui
pourtant fut exceptionnelle : artiste célèbre, admirée pour sa beauté et
son esprit, voyageuse infatigable, elle eut une destinée peu commune.
Fille de peintre, Élisabeth Vigée Le Brun se fait remarquer dès l'âge de
quinze ans pour la qualité et la sensibilité de ses portraits. Les grands de
la cour sont ses modèles. Un jour, elle rencontre la reine
Marie-Antoinette et connaît alors le triomphe. Son statut de peintre
officiel lui vaudra commandes et honneurs.
Mais, pendant l'été 1789, tout bascule. En même temps que gronde la
Révolution, les calomnies l'accablent. Elle sent que son monde est en
danger et décide de fuir. Commence alors pour Élisabeth Vigée Le Brun
une vie de voyages, de découvertes et d'aventures à travers l'Europe.
Où qu'elle aille, à Rome, Naples, Venise, Vienne, Saint-Pétersbourg ou
Londres, elle est accueillie par les artistes et fêtée par les cours royales.
Sa carrière de peintre ne s'arrête pas pour autant : où qu'elle soit, on lui
commande des portraits.
Les extraits de ses mémoires présentés ici, richement illustrés, retracent
l'itinéraire fascinant d'une femme libre à l'époque de la Révolution, dans
une Europe en plein bouleversement.