Histoire de France. Vol. 7. Renaissance

«Un événement immense s'était accompli. Le monde était
changé. Pas un État européen, même des plus immobiles, qui
ne se trouvât lancé dans un mouvement tout nouveau [...].
Rare et singulier phénomène ! la France arriérée en tout
(sauf un point, le matériel de la guerre), la France était moins
avancée pour les arts de la paix qu'au quatorzième siècle.
L'Italie, au contraire, profondément mûrie par ses souffrances
mêmes, ses factions, ses révolutions, était déjà en plein
seizième siècle, même au-delà, par ses prophètes (Vinci et
Michel-Ange). Cette barbarie étourdiment heurte un matin
cette haute civilisation ; c'est le choc de deux mondes, mais
bien plus, de deux âges qui semblaient si loin l'un de l'autre ;
le choc et l'étincelle ; et de cette étincelle, la colonne de feu
qu'on appela la Renaissance.»