Sacrifier, se sacrifier : colloque tenu à Amiens, les 15 et 16 mars 2004

Pourquoi parler du sacrifice aujourd'hui ? Dans un monde miné par la violence,
une violence que les médias diffusent et étalent avec complaisance et
insistance, se pose avec acuité la question de la lutte contre le désordre et du
rétablissement de l'ordre et de la Loi.
Le mot sacrifice appartient au vocabulaire religieux, et c'est sans doute cette
référence au religieux qui fait le mieux saisir la relation entre la violence, le sacré
et le sacrifice. La fonction principale de celui-ci est en effet, la maîtrise et la limitation
d'une violence qui, laissée à elle-même, est sans fond et sans fin. Dans la
plupart des rituels religieux, le sacrifice, violent et sanglant, vise en principe à
contenir ou à dériver une violence potentiellement dévastatrice. Dans une première
partie, intitulée «Sacrifier», les auteurs anthropologues et théologiens,
tentent de saisir le sens et la fonction du rituel sacrificiel, à propos des sacrifices
humains, dans la culture aztèque et dans la Grèce ancienne, des pratiques religieuses
traditionnelles et contemporaines en Afrique Noire, et à propos du
judaïsme, du christianisme et de l'islam.
Mais si la question du sacrifice ressortit au domaine du religieux, elle appartient
aussi à celui de la sociologie et de la psychologie clinique et pathologique.
Et la deuxième partie de l'ouvrage, intitulée «Se sacrifier», traite des
modalités et des significations possibles du sacrifice dans la vie sociale et
familiale et dans le rapport à soi-même. Sociologues, psychiatres et psychologues
s'interrogent ainsi sur le sacrifice de soi dans la vie religieuse et sur la
prise de risque à l'adolescence. Ils proposent une réflexion sur le processus
d'autorégulation du sacrifice dans les sociétés humaines, traitent de la maltraitance,
des idéologies politiques sacrificielles, de la critique du sacrifice
chez Adorno et de la réalité sacrifiée à l'idéal chez Kafka.
Cet ouvrage intéresse non seulement les spécialistes des domaines concernés,
mais aussi le grand public et les étudiants en sciences humaines.