Quelque part, pas trop loin d'ailleurs...

Au terme d'une ascension harassante du barrage de retenue naturel du lac Sarèze dans le Pamir tadjik, le narrateur, un homme parvenu au mitan de sa vie laisse son esprit vagabonder au gré de souvenirs qui resurgissent inopinément alors qu'il contemple les montagnes majestueuses qui le dominent de leurs sommets enneigés. Il se souvient plus particulièrement de ses quatre années passées à la tête d'une mission humanitaire en Afghanistan, y côtoyant les talibans qui venaient de s'emparer de la capitale, Kaboul. Un souvenir en entraînant un autre, il repense également à la foisonnante correspondance épistolaire qu'il entretenait alors avec son ami Sklaer qui s'était réinstallé à la même époque dans les steppes de Mongolie Intérieure où ils avaient tous deux passé six mois quelques années auparavant.
Roman autobiographique, ce récit n'est en rien un pamphlet destiné à condamner une forme d'extrémisme religieux utilisé à des fins politiques ou un précis d'histoire afghane moderne. Chronique humanitaire dans un environnement exceptionnellement déroutant, elle se double d'une exploration intime de la personnalité de ces deux jeunes hommes, engagés chacun à sa manière dans une quête d'absolu qui précipita la perte de certaines de leurs illusions. S'étant rencontrés à un moment charnière de leurs existences, ils se découvrirent rapidement des aspirations communes même si, par d'autres facettes de leurs personnages respectifs, ils restaient très dissemblables. Cette amitié, qui était censément être à la fois indéfectible et indissoluble, prit pourtant dramatiquement fin lorsque l'un des deux viendra clôturer le cycle de vie de son alter ego.