La tanière

Augustin Gora a quitté la Roumanie communiste pour s'établir
à New York où il vit seul, entouré de livres. Au fond
de sa tanière, à l'abri du réel, il s'adonne à son occupation
favorite : rédiger les nécrologies ironiques des morts en devenir
que sont ses contemporains. Gora est hanté par son passé roumain,
et surtout par le fantôme de sa femme, la belle Lu, qui a
refusé de le suivre dans son exil. Elle réapparaîtra pourtant,
accompagnée de son cousin et amant Peter Gaspar, fils de déportés,
inadapté chronique qui revendique son irresponsabilité.
Mais lorsque Gaspar reçoit une carte postale anonyme le menaçant
de mort, le temps s'accélère. Appelé à l'aide, le sage
Gora pourra-t-il remonter le fil du labyrinthe ? Un labyrinthe
où l'on retrouve la figure du Maître, un grand érudit mondialement
célébré mais au passé controversé pour ses compromissions
avec l'extrême droite.
Un roman haletant, très dialogué, qui nous plonge dans le
présent de l'exil, où les ombres du passé surgissent sans cesse,
où la vie apparaît comme une suite de mystères sans réponse.
On retrouve le jeu si cher à Manea entre la réalité et l'imaginaire,
la poésie et la terreur, le rire et la tragédie, dans ce texte
résolument moderne où New York est «la ville des errants»
et la capitale Dada.