Il faut lire Dora ! : séminaire d'hiver 2011 : samedi 22, dimanche 23 janvier 2011, amphithéâtre Charcot, hôpital de la Pitié-Salpêtrière

On peut dire que Dora, Dora cette jeune fille florissante, belle, intelligente
qui à 18 ans a été envoyée chez Freud, cette Dora quoique centenaire, plus que
centenaire est toujours aussi jeune ; je veux dire que son symptôme n'a pas pris
une ride, puisque vous constatez qu'il est resté pérenne, inchangé et que à ce
jour et avant notre colloque, qui va bien entendu changer les choses, il n'a pas
fondamentalement bougé. Nous sommes ici d'emblée plongés dans toute une
série de questions que nous traitons avec une certaine familiarité comme si nous
les avions résolues. Absolument pas !
Charles Melman
Lire «Dora» c'est ici se demander si ce sont véritablement encore des images
de Madone qui arrêtent les jeunes filles ! Il semble que l'imagerie contemporaine
s'attache à un autre type de féminité : top model, it girls... C'est assez marrant
ces it girls qui sont les très jeunes filles qui séduisent les autres jeunes filles
actuellement, parce que c'est un nom qui leur vient dès les années 1930 de «it»,
c'est-à-dire du «Es» freudien, du «ça» ! En traduction littérale, c'est la fille-ça,
le contrepoint de la Madone. De ce point de vue, d'ailleurs, les images de la
féminité contemporaine vont plutôt de ce côté-là, si je pense à la déferlante des
images de copines sur Facebook : cet acte qui consiste à former des images est un
acte absolument essentiel dans la vie des jeunes filles d'aujourd'hui.
Claire Brunet