Irène

Un des plus quatre ou cinq beaux textes poétiques
produits par le surréalisme sort de la
clandestinité, après avoir été publié sans lieu ni
date, ni nom d'auteur, et sous un titre un peu
différent. L'aventure de ce livre n'est pas sans
intérêt pour la petite histoire littéraire.
"Camus, nous dit-on, le tenait pour le plus
beau de tous les textes touchant à l'érotisme.
Ce n'est pas exactement ainsi que je m'exprimerais,
et je crois qu'il convient plutôt, comme
dans le cas des Chants de Maldoror , de parler
d'une certaine beauté scandaleuse, qui entre
dans les catégories de l'esprit révolutionnaire.
La prose d' Irène est d'une telle splendeur que,
si j'ai souvenir d'un petit nombre de choses,
dans la littérature française, qui peuvent être
mises sur le même pied, je n'en connais guère
qui lui soient supérieures.
Tout le début d' Irène , tout ce grand et long
récitatif qui est un unique cri d'horreur et de
désespoir et qui se termine pourtant par une
invocation à l'amour, quel exemple de style !
Et quel écrivain que l'auteur d' Irène !"
André Pieyre de Mandiargues