Disperser le pouvoir : les mouvements comme pouvoirs anti-étatiques : soulèvements et organisation à El Alto (Bolivie, 2003)

Disperser le pouvoir décrit un
moment... Les mobilisations de l'année
2003, connues plus tard sous le
nom de «guerre du gaz» et qui
mirent en fuite le président de l'époque,
Gonzalo Sánchez de Lozada.
L'épicentre de cette guerre est la ville
d'El Alto, que Zibechi appelle la «capitale
aymara d'Amérique».
Nous savons que pour dissuader
toute révolte, le gouvernement central
peut réprimer, torturer, tuer.
Détruire. Mais ce que le pouvoir ne
peut pas, c'est incarner la sève qui
fait vivre le corps social. C'est là l'intérêt
de Disperser le pouvoir , qui décrit
la façon dont se développe le contre-pouvoir
lors de ces mobilisations.
Le livre de Zibechi n'est pas l'histoire
d'un leader et de son mouvement
ou de ses promesses. Chronique
de l'ascension d'une puissance, il
expose un processus organique d'articulation,
de fabrication de la puissance.
Cet enseignement majeur
donne à l'ouvrage une valeur universelle
: il met en opposition l'histoire
des alliances et des superstructures, à
une histoire organique multiforme de
la puissance.
Miguel Benasayag