Graine de bambi. La remise au milieu des vignes

- Tiens, v'là le p'tit bâtard !
Qu'est-ce que j'ai pu entendre cette phrase quand j'étais mioche ! A
cette période de ma vie, les termes avec lesquels on m'apostrophait,
prononcés en conscience d'une voix portante afin qu'au-delà de moi-même
le moindre passant puisse les entendre, me parvenaient sans
me blesser le moins du monde.
Un enfant de l'Assistance, placé dans une famille d'accueil au coeur
d'un village, découvre dans l'innocence de son âge la méchanceté
des hommes à travers leurs mots qu'il pensait chargés de tendresse.
À vouloir se venger, il se perdra sur des chemins d'errance.
...
La remise avait été murée.
La porte n'était plus qu'un empilement de parpaings scellés. Les
petites ouvertures haut-placées, mi-fenêtres mi-vasistas, également
obturées, ne diffusaient plus leur chaleureuse clarté au coeur du
réduit. On disait la baraque maudite.
On disait qu'un homme et une femme, un couple d'amoureux, y
avaient été retrouvés morts. Assassinés, ou suicidés. On ne savait
pas vraiment le drame de ces deux-là.
Après avoir bravé sa peur, un jeune garçon, attiré par cette
bâtisse, trouve régulièrement refuge dans ses murs. Il n'aura alors
de cesse de connaître le secret qu'elle recèle. Une quête de vérité
pour un enfant innocent.