L'indocilité : supplément au Désir d'Afrique

«Outre mon itinéraire personnel me conduisant de Brazzaville à
Leningrad et de la nouvelle Saint-Pétersbourg à Paris, ces digressions
critiques ont une autre source : les propos de l'écrivain martiniquais
Édouard Glissant accompagnant mon Désir d'Afrique :
"On voit beaucoup l'Afrique dans les médias. Le sida, les massacres,
les guerres tribales, les misères... Mais, en fait, on ne voit
pas l'Afrique. Elle est invisible." Ce qui pourrait aussi résumer
L'indocilité.
Dans les deux cas, il s'agit de substituer à cette Afrique brinquebalante,
qui laisse à désirer, une Afrique désirable. L'indocilité
prolonge donc Désir d'Afrique , sauf qu'ici notre centre d'intérêt
est l'insolence. L'Afrique dans le miroir de l'insolence. L'insolence
des écrivains des continents noirs.
L'Afrique, écrit le Congolais Sony Labou Tansi, un des maîtres
du pied de nez littéraire, "pense peu, vend mal et achète au pire".
Heureusement, il y a la littérature. Pas tout ce qu'on publie, hélas !
Disons qu'en un demi-siècle, cette littérature-là a produit quelques
textes admirables et fort irrévérencieux.»