Ville propre

Ville propre est un roman policier plus amoral qu'immoral.
Une jeune orpheline, coincée dans un mariage précoce avec
un expert comptable psychorigide, découvre un jour son
attirance pour les ordures et décide de la vivre au lieu de la
combattre, enjambant à l'occasion sans remords le corps de son
mari tyrannique.
Le livre avance sur deux voies, alternant le récit d'un procès
devant la cour d'assises et le journal intime de Madeleine-Marie
Rofil, accusée d'avoir provoqué la chute mortelle de son mari
en huilant les marches de l'entrée. Pendant que la cour débat
de la possibilité de l'accident domestique en tant qu'outil d'un
meurtre, le journal éclaire les faits (et les mensonges) des
protagonistes d'une lumière très personnelle : Madeleine-Marie
raconte la découverte de sa mysophilie, sa rencontre avec
un psychologue farfelu qui l'incite à en jouir, sa complicité
avec leur bonne masochiste et, bien sûr, la lente décomposition
du couple, qui trouve son apothéose dans la chute du mari
détesté et la célébration de sa liberté retrouvée dans une orgie
avec un clochard pendant la grève des éboueurs. De l'autre côté,
monte le suspense : coupable ou non-coupable de meurtre ?
Le journal finira par le dévoiler et les jurées prononceront leur
verdict, mais ce qui importe est la moralité de ce livre amoral :
pervers ? et alors ?