Le coeur : intégrité de l'homme entier : dans l'anthropologie du cardinal T. Spidlik et de la spiritualité orientale

Le cardinal Tomá(...) (...)pidlík a étudié les traditions théologiques occidentales et orientales, et réalisé une oeuvre intellectuelle de grande ampleur. Spécialiste mondialement reconnu de la spiritualité chrétienne orientale - notamment slave -, il était convaincu qu'elle pouvait apporter une contribution importante à l'Église, pour l'aider à « respirer par ses deux poumons », selon la célèbre expression du pape Jean-Paul II.
Cette « spiritualité du coeur » s'inspire pour une bonne part de l'oeuvre de Théophane le Reclus, évêque russe orthodoxe du XIX<sup>e</sup> siècle. « Le symbole du coeur représente dans la spiritualité orientale le siège de la prière, de la rencontre entre l'homme et Dieu, mais aussi avec les autres hommes » (Benoît XVI). En ce sens, le coeur devient le lieu de la vraie connaissance, le siège de sa vie spirituelle et le centre de sa personne, dans son intégrité et son unité.
Une telle présentation de la vie chrétienne parle à l'homme contemporain puisqu'elle souligne combien la relation avec le Christ, et par lui avec la Trinité tout entière, le rejoint en profondeur et est appelée à rejaillir dans toutes les dimensions de sa personne : corps, âme et esprit. Cette oeuvre peut susciter une « culture du coeur » qui élève l'homme à sa dignité de fils de Dieu, le purifie et le rend capable de contempler Dieu : « Heureux les coeurs purs, ils verront Dieu » (Mt 5, 8).