Lapsus politicus

Lapsus ? La langue qui fourche, entre énorme bourde et aveu
involontaire. Jean-Louis Borloo prenant la défense (sic) de
Dominique de Villepin à la tribune du Palais-Bourbon : «Personne n'a
contesté que le Premier minus avait eu raison.» Un député devant
l'Assemblée : « Monsieur le Ministre, durcissez votre sexe, euh, pardon, votre
texte ! » Voici, pour la première fois recensés, plus de 200 lapsus politiques,
commis en France ou à l'étranger.
Si Rachida Dati a dérapé sec, «dérapé sexe», elle est loin d'être la
seule. On a même le sentiment que, dans l'espace public, il y a inflation (et
non fellation...) en la matière. L'auteur a repéré ceux qui donnent des
verges pour se faire battre, insultent à bon compte, malmènent en mal
nommant, parlent trop vrai, rêvent tout haut, révèlent leur manque
d'expertise.
Nous sommes, plus que jamais, à l'affût du moindre décalage entre le
comportement des personnalités politiques et leurs discours. Ainsi le
lapsus, guetté par le citoyen comme symptôme et révélateur, donne-t-il
une bonne leçon d'authenticité à nos gouvernants.
Ce florilège, mettant en évidence le contexte de chaque lapsus, en
restitue le sens caché et la saveur. Pour le lecteur, il représente aussi un
excellent divertissement. Et un palmarès où les plus performants ne sont
pas ceux que l'on imagine.