Etudes lacaniennes : psychanalyse, science, philosophie

Ce livre se penche sur les relations fondamentales mais «compliquées» que
la psychanalyse entretient avec la philosophie et l'éthique, les sciences et la
logique, les pratiques sociales ou encore l'éducation. Résolument, la psychanalyse
est présentée ici comme un discours structuré et consistant, une théorie
et une clinique du sujet originales, enfin une expérience thérapeutique
construite et fortement pensée. Mais la psychanalyse fait souvent figure de
parasite dans le champ des disciplines constituées où elle réinjecte le concept
de Sujet, et de façon encore plus perturbante ceux de Jouissance et de
Réel ; elle est en plus ou en trop, elle introduit le symptôme et s'introduit
elle-même comme symptôme... Il en va de même pour la théorie et l'oeuvre
de Lacan, toujours aussi étrangement occultée ou mésinterprétée, y compris
par des philosophes «professionnels». C'est pourquoi les relations pour le
moins tendues entre discours philosophique et discours psychanalytique, par
le truchement privilégié de Lacan, font ici l'objet de larges développements.
Puis sont interrogées les conditions épistémologiques d'un dialogue entre les
sciences et la psychanalyse, d'autant plus que celle-ci prétend opérer directement
sur le «sujet de la science». Bien entendu c'est dans sa clinique et sa
pratique spécifique, par l'expérience du transfert mettant en acte l'inconscient
que la psychanalyse se démarque de la science et affirme son style
propre, non sans se départir d'une éthique rigoureuse. Enfin il est d'autres
conséquences et d'autres implications de la psychanalyse dans les domaines
de la politique, des pratiques sociales et même de l'enseignement. Concrètement,
que peut la psychanalyse face à l'aplanissement et la déstructuration
des discours qui s'effectuent chaque jour davantage au profit du seul discours
capitaliste et sa rhétorique totalitaire ?