Artaud-passion

En mai 1946, après neuf années d'internement,
Antonin Artaud revient à Paris. Le poète
retrouve ses amis et en particulier le galeriste
Pierre Loeb qui prépare une exposition de
ses dessins. Une relation chargée d'ambiguïté
nait de la rencontre d'Artaud et de Florence,
fille de Pierre Loeb, alors âgée de seize ans.
À travers Artaud-Passion, Florence, au
crépuscule de sa vie, évoque ses souvenirs avec
émotion. Évadé du néant, Artaud, mort en 1948, assiste au récit de
Florence sans que cette dernière ait conscience de sa présence. Peu
à peu le poète, qui déclame ses textes en contrepoint de la narration
de Florence, va imposer sa présence et dénoncer le mensonge d'une
idéalisation qui lui est insupportable. Florence demeure enfermée
dans ses souvenirs au point de s'identifier au poète et d'en devenir
le porte parole. Librement inspirée des rapports de Florence
Loeb et d'Antonin Artaud cette pièce de théâtre est un saisissant
hommage au «Théâtre de la cruauté». Ouvrage illustré de photos
rares d'Artaud et des répétitions de la pièce.
Artaud-Passion est une création pour le Festival Off d'Avignon
2016 chez Artéphile, dans une mise en scène d'Agnès Bourgeois,
avec Jean-Luc Debattice dans le rôle d'Artaud et elle même dans
celui de Florence.
Artaud a écrit : «Le bien est voulu, il est le
résultat d'un acte, le mal est permanent.»
La période de violence que traverse, une
nouvelle fois, l'humanité semble hélas lui
donner raison. L'indignation de sa pensée
révoltée, révulsée même pourrait-on dire,
est un exemple à suivre pour rejeter de façon
systématique toute forme d'embrigadement
aux fins de préservation de la Liberté, le
plus précieux d'entre nos biens. Je formule
des voeux pour que le cri d'Artaud, qui
s'assignait la mission d'éradiquer le mal qui
est en l'homme par les vertus cathartiques
du théâtre de la cruauté, puisse prendre
tout son sens. Gageons qu' Artaud-Passion
contribue modestement à aider l'ambition
du poète.