Mythologies du superhéros : histoire, physiologie, géographie, intermédialités

Les superhéros, demi-dieux d'un monde sans
Dieu, constituent collectivement une mythologie
laïque se diffractant en sous-ensembles
de mythes modernes. Ceux-ci ont infiltré de
manière durable l'imaginaire collectif. Dans
une entrevue de 1985, Stan Lee, co-créateur de
Spiderman, de Hulk, de Thor et des Quatre Fantastiques,
entre autres superhéros, observait que
quiconque s'intéresse au cinéma, à la littérature,
à l'opéra, à la peinture ou à tout autre art de la
représentation devrait aussi porter attention
aux comic books , tout aussi déterminants que
les autres arts populaires dans la constitution
de l'imaginaire social. À l'heure où l'histoire
culturelle n'a plus à prouver sa pertinence, un
tel énoncé ne paraît plus paradoxal. Partant
de l'affirmation d'Ernst Cassirer selon laquelle
le mythe est «l'objectivation de l'expérience
sociale de l'humanité», on pourra s'interroger
sur la socialité de ces êtres d'irréalisme pur :
comment, à quelles conditions et pourquoi est-il
permis au lecteur ou au spectateur de s'identifier
à un personnage dont les caractéristiques transcendent
celles de l'humanité ordinaire ?