L'éducation en famille très nombreuse : une école de la réussite

L'auteure pose et conforte une hypothèse originale, celle de la contribution
positive de l'éducation en famille «très nombreuse» (familles de plus
de 9 enfants), quant à la réussite sociale de ses membres, même s'ils appartiennent
à des fratries numériquement hors normes.
Elle apporte, de fait, un contrepoint à la position dominante des chercheurs
en sciences de l'éducation. Ces derniers établissent, de manière générale,
une corrélation négative entre l'appartenance à ce type de famille et le
facteur «chance de réussite», à la fois en formation et en projet social de vie.
Elle prend appui, d'une part sur l'expérience de sa propre famille de 15
enfants, d'autre part sur une cohorte de 28 familles, comportant en moyenne
11 enfants, d'un milieu rural à la fin du XX<sup>e</sup> siècle en Poitou.
Les atouts relevés dans la structure éducative de ces familles relèvent de
l'aptitude motivée au changement, de la mise en responsabilité très jeune, de
l'affirmation de soi dans le jeu des interrelations, du co-apprentissage dans
les gestes et techniques de la vie pratique, et surtout de la capacité à s'autodiriger.
Autant de facteurs positifs facilités dans leur genèse par la coéducation
familiale et par le rôle, notamment, de la fratrie.
Ainsi la coéducation en famille très nombreuse s'apparenterait-elle assez
bien à «l'école de la réussite» du pédagogue Célestin Freinet.