L'homme libéré

Qui suis-je ? Qui sommes-nous ? L'exigence d'être soi
sonne, aujourd'hui, comme un impératif. Et pourtant
tout conspire à nous détourner de nous-même. Le moindre
commencement de réponse à ces interrogations conduit
sur un terrain miné par nos piètres penseurs.
Jamais époque n'a fait usage aussi fréquent de la
notion d'individu. Jamais pourtant l'emploi du terme
n'en a été aussi contradictoire, se plaisant dans l'équivoque,
entretenant malentendus et dérives.
L'épuisement des modèles politiques, la chute proclamée
des idéologies, loin de nous libérer, a ouvert la voie à
de nouvelles servitudes et à des formes inédites de pensées
iniques.
Il est temps d'oser penser par soi-même et de courir le
risque de la liberté.
L'Homme libéré dont il est question ici, est contemporain
de Montaigne et de Socrate, de Gombrowicz et de
Suarès, de Stirner et de Stendhal. C'est l'homme pluriel,
l'homme rendu à sa singularité et à sa souveraineté, c'est
à-dire au fardeau et à la grâce d'être humain.