Entre gens de bonnes compagnies : comment les maîtres de la Bourse trompent les actionnaires

Les folles années de la bulle boursière ont laissé aux actionnaires un
souvenir impérissable. Vivendi, France Telecom, Rhodia, Altran, et d'autres :
ce ne sont pas seulement des start-up, mais de respectables géants de la
cote qui se sont effondrés, lésant au passage des millions d'épargnants.
N'y avait-il donc personne pour les protéger ? Pour pointer du doigt une
communication financière douteuse, des comptes souvent très arrangés ?
Et les minoritaires auront-ils éternellement tort de ne pas être majoritaires ?
D'Eurotunnel à Pallas Stern, on ne peut que s'étonner de l'aveuglement
des vigies chargées de veiller à la loyauté des communications et à
l'égalité des actionnaires devant l'information. Auditeurs, analystes,
déontologues ? Circulez, y a rien à voir. La Justice ? Lente, si lente.
Quant à l'ancienne Commission des opérations de bourse (COB), devenue
Autorité des marchés financiers (AMF), elle se révèle très timide lorsque
l'honorabilité des puissants est en jeu. Elle ne voit rien, elle sanctionne
peu et ne se réveille que lorsqu'il est trop tard. Entre gens de «bonnes
compagnies» - souvent issus du ministère des Finances - il est vrai
qu'on finit toujours par se comprendre.