Petite histoire des jésuites

Aucune institution religieuse n'aura sans doute suscité
autant de parti pris et soulevé de passions que la Société de
Jésus.
Fondée à Rome en 1540 par saint Ignace de Loyola et
quelques compagnons, placés au service exclusif du pape et
du Saint-Siège, aucune institution ne modela à ce point une
façon d'être et de penser. Formation et pédagogie jésuites
sont proverbiales.
C'est aussi quelques pages d'histoire.
Avec le concile de Trente et la Contre Réforme catholique,
les lumières de la Société contribuèrent à repousser le
spectre d'une décomposition de la Chrétienté occidentale,
même si l'idéal d'unité ne fut pas atteint.
Avec les Missions, où les prêcheurs de la vraie foi, en
Inde, au Japon, en Chine, dans le Nouveau Monde ou en
Afrique, en Europe même, connurent parfois le martyr et
gagnèrent la sainteté.
Avec les sciences exactes aussi, où les jésuites excellèrent
en astronomie, mathématiques, géométrie, architecture, cartographie,
etc.
Cette réussite même porta ombrage aux «couronnes» et
aux ordres concurrents, aux docteurs de la Sorbonne et aux
parlementaires, et l'on soupçonna même les jésuites de
«menées ténébreuses».
Après l'injuste suppression de 1773 et un purgatoire d'une
quarantaine d'années, la Société se rétablit. Mais, face aux
défis répétés de préjugés modernistes sera-t-elle restée fidèle
à sa vocation, « pour la plus grande gloire de Dieu » ?